Interview – Tanguy Viel

À l’occasion du festival Bruits de Langues, Tanguy Viel nous parle de sont dernier roman paru, Article 353 du Code Pénal.

Marion : Bonsoir Tanguy Viel, j’aurais aimé vous poser quelques questions sur votre dernier roman paru, Article 353 du Code Pénal (Editions de Minuit). Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire sur la justice des hommes ? Une nécessité ? Une envie ?

Tanguy Viel : Je ne pense pas que ça soit parti de l’idée même de justice même si elle est centrale dans le roman mais je pense que ça devait être le moment où j’avais envie que le roman ait une fonction réparatrice et pourquoi pas de revanche sociale, de vengeance peut-être. Enfin tout ce genre de vocabulaire de retournement que seule la justice pouvait mettre en scène. Plutôt utiliser la justice comme la lumière au bout d’un tunnel. Je ne pense pas vous dire que je me suis réveillé un jour en disant « Oh je vais faire un livre sur la justice ! ». J’ai le sentiment que j’ai fait grandir, j’ai transformé les formes pulsionnelles que j’avais envie de mettre en scène dans l’écriture. J’ai trouvé un peu miraculeusement l’intrigue qui fait que ça tient, que ça scénographie exactement les contours de l’épaisseur psychique que l’on peut trouver dans roman.

M. : Au vu de l’intrigue, du titre, on peut se dire, qualifier votre roman de « noir », de polar noir, voire de thriller. Qu’en pensez-vous et comment le qualifieriez-vous ?

T.V. : Ce n’est pas le mot qui me vient à l’esprit. Ce n’est pas ce à quoi je pense quand j’écris. Peut-être la dénomination de roman noir. Dès lors qu’il y a un meurtre, des éléments de justice, de paysage comme on en a dans un roman noir, un peu américain. Donc ça ne me dérange pas qu’on appelle cela un roman noir, je ne suis pas sensible à la définition. Mais quand on parle de thriller, polar, c’est vrai que je tique un peu.

M. : C’est plus la retranscription de faits. Ce n’est pas une intrigue comme on en a l’habitude de voir.

T.V. : Oui, je pense que c’est plus comme une diffraction de l’existence dramatisé par des éléments policiers de base. J’ai plus l’impression de faire un roman existentiel.

M. : L’existence d’un homme qui a tout perdu suite à l’acte d’un homme bien au-dessus de lui. C’est de l’injustice, est-ce qu’il est condamnable ? Comment est-ce que vous percevez cela ?

T.V. : Je suis du côté de narrateur, de ce personnage-là. J’essaie de me débrouiller avec la matière de son existence en lambeaux. Cette existence s’est plus ou moins rassemblée dans un point de fuite, point de chute  qui est un meurtre. Pour moi, c’est la recomposition d’une existence qui m’intéresse au fond. D’un point de vue romanesque, le meurtre est purement salutaire. Il l’est psychiquement. C’est pour ça aussi que la justice peut répondre, préfère sauver une âme que faire régner le pur état de droit. Voilà, je n’ai pas de réponses précise à la question (rires).

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1O ans déjà

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