Dialogue entre Aliona Gloukhova et Elitza Gueorguieva

Le festival Bruits de Langues s’intéresse à toutes les langues. Depuis sa création de nombreux auteurs étrangers sont venus à Poitiers parler de leur travail de création. L’année 2020 fut une fois encore riche en découvertes avec la participation, entre autres, de deux autrices venues des pays de l’est : Aliona Gloukhova et Elitza Gueorguieva.

 

Aliona Gloukhova est née à Minsk en Biélorussie en 1984. ​Après avoir travaillé comme traductrice, journaliste, enseignante et organisatrice culturelle, c’est finalement dans l’écriture qu’elle s’épanouit. Elle publie en 2018 un premier roman aux édition verticales : Dans l’eau je suis chez moi et en février 2020, son second roman De l’autre côté de la peau.

Elitza Gueorguieva est née à Sofia en Bulgarie en 1982. Elle s’exprime à travers l’écriture littéraire, les performances scéniques et les documentaires de création. Elle publie son premier premier roman Les Cosmonautes ne font que passer aux Éditions Verticales en septembre 2016 et en 2017 elle réalise le film Chaque mur est une porte.

Leur travail de collaboration :

Les deux autrices se sont rencontrées en 2015 dans un master de création littéraire à l’Université Paris-8 Saint-Denis. Elles avaient toutes les deux des choses à dire, et elles ont toutes les deux choisi le français pour s’exprimer. Aliona Gloukhova se demande « Est-ce qu’on peut s’approprier une langue qui n’est pas à nous ? ». C’est grâce à cette langue « qui n’est pas à elle » qu’elle parvient le mieux à raconter son histoire.

Le film d’Elitza Guorguiva, Chaque mur est une porte, mélange le documentaire et la fiction. En lisant Dans l’eau je suis chez moi d’Aliona Gloukhova elle a ressenti cette ambiguïté entre le réel et le fictif et s’est lancée dans le projet de réaliser un documentaire sur l’écriture, un film où le réel rattrape et modifie la fiction. Aliona Gloukhova y joue le rôle principal.

Dans le roman d’Aliona Gloukhova il y a beaucoup de poésie, il s’agit d’une manière très imagée de présenter un contexte réel. Elitza Gueorguieva, a affirmé qu’il était très compliqué de raconter une histoire de cette manière-là au cinéma. Le cinéma va être plus frontal mais la poésie va tout de même ressortir de ce film. Les deux autrices ont évoqué l’importance du contexte politique dans lequel elles ont grandi et qui a influencé leurs oeuvres respectives ainsi que la place où on se trouve dans la société. 

La dixième édition de Bruits de Langues mettait cette année en avant la relation complémentaire entre textes, images et sons qui s’accompagnent, se complètent et se confrontent. Les deux autrices sont venues parler avec beaucoup de passion de cette relation complémentaire. Vous pouvez revivre la rencontre en cliquant ici.

 

Margaux Thauvin, Clémence Veryepe

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *