MERCREDI 3 MARS – Mémoire(s) et politique

Nos mémoires sont défaillantes et nous avons tendance à nous fier désormais aux machines et serveurs, dont il n’est pas dit qu’il soient moins fragiles. Le premier soulagement à notre besoin de nous souvenir a été l’écrit, et il l’est toujours, même si les supports on changé. Donc aussi les livres, à la fois pour les auteurs ou autrices et pour nous lecteurs et lectrices.
Mercredi débutera par la mémoire de la Shoah au Brésil avec Maria Luiza Tucci Carneiro, en passant par celles d’Éric Pessan et Frédérique Cosnier, pour terminer par les années de plomb en Espagne, l’ETA, la terreur, mais aussi par la résistance politique (Toni Fejzula et Alfonso Zápico). Pourtant le mot d’ordre de l’exposition des planches de JKAL est « A veces, kisiera no saber leer. » (Parfois j’aimerais ne pas savoir lire.), or ce n’est qu’un moment du désespoir à surmonter, qui exprime l’ampleur des mauvaises nouvelles.

Les rencontres se déroulent dans la Salle des Actes (Attention : préinscription nécessaire – ci-dessous à chaque rencontre) et en ligne (diffusion en direct par iMedia : lien ICI)[1]Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université.

Interventions de l’extérieur par Tchat, transmis au plateau. Tous les horaires sont indicatifs, nous tiendrons compte du live et des temps nécessaires de respiration.

Chaque rencontre sera diffusée en direct sur UpTV puis une retransmission sera disponible (les liens sont indiqués au fur et à mesure du programme).

À côté de l’esclave, le prêtre-exorciste ressemblait à un animateur de théâtre ambulant.  En fait, ce n’est pas toujours que la population d’Ourém a eu l’occasion d’assister à de tels spectacles.  Martinha […] a tourné en rond en tenant la tête d’une main et en traînant sa jambe droite comme si elle était blessée. Sur un ton de regret, il a supplié le public de retourner au cimetière et de répéter la cérémonie d’exhumation du cadavre. 

Ao lado da escrava, o padre-exorcista parecia um animador de teatro ambulante. Aliás, não era sempre que a população de Ourém tinha a oportunidade de presenciar espetáculos daquele tipo. Martinha […] andava em círculos segurando a cabeça com uma das mãos e arrastando a perna direita como se estivesse ferida. Em tom de lamento implorava ao público que retornasse ao cemitério e repetisse o cerimonial da exumação do cadáver.

Maria Luiza Tucci Carneiro, Os Diabos de Ourém (2020) , Les diables de Ourém, L’Harmattan, 2021 (à paraître).

14:00-15:00 : Rencontre avec Maria Luiza Tucci Carneiro (en ligne)

Animation et modération : Karina Marques, Jean-Jacques Teixeira, Manuel Ortiz de Galisteo Luque et Lola Berthomé (interprète).

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Je suis en lambeaux.

Je rentre après une fuite folle, j’ai voulu disparaître, j’aimais cette idée : l’absence brusque, la ramification des destins possibles. Seulement, j’ai échoué à m’estomper. Je reviens. Si la fuite est un mystère excitant, le retour est un échec pathétique. »

Eric Pessan, Incident de personne, Albin Michel, 2010.

15:00-16:00 : Rencontre avec Eric Pessan

Animation et modération : Luc Vigier.

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Je ne connaissais pas le chanteur. Le type qui s’éraillait la gorge sur un fond entêtant de basses et cordes sombres. Sylvain m’a dit qu’il s’appelait Gil. Il était mort, mais pas vraiment puisque toujours vivant à travers de nombreuses influences et à l’intérieur du petit poste, qui, ce soir, jouait encore sa voix. Je n’ai jamais pu oublier la première chanson que j’ai écoutée de lui ce soir-là. Elle tapisse encore la chambre de mes souvenirs, ma chambre de forces. Elle est Sylvain et la joie, elle est leur voix, leur corps. Me and the Devil

Frédérique Cosnier, Pacemaker, Le Rouerge, 2020.

16:00-17:00 : Rencontre avec Frédérique Cosnier

Animation et modération : Pauline Halbzajt, Eloïse Navarro et Estelle Roux.

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17:00-18:30 : Rencontre avec Alfonso Zápico et Toni Fejzula (en ligne)

Animation et modération : Judikaëlle Ballesteros, David Gonzalez et Ludivine Thouverez.

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2011 : l’ETA, organisation basque indépendantiste, dépose les armes. Un armistice inédit qui bouleversera le destin d’une Espagne divisée par la haine et le nationalisme.
Au cœur de ce conflit, deux familles, deux femmes : Bittori et Miren, amies d’enfance séparées par le terrorisme ; l’une est la femme d’une victime, d’un « assassiné », l’autre, la mère d’un terroriste. Cet événement résonne différemment chez elles.
Bittori, veuve d’un entrepreneur tué par l’ETA pour avoir refusé de payer son impôt révolutionnaire, revient dans son village qu’elle avait quitté après le meurtre. Elle veut savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là et qui a tiré. Et si c’était Joxe Mari, le fils de Miren enrôlé par le groupe terroriste et qui a été vu au village le jour du meurtre ?

Ce roman graphique de Toni Fejzula suit ces deux familles aux destins opposés en dressant des portraits poignants de mères, de soeurs, de pères et de frères pris malgré eux dans la spirale de l’horreur. L’histoire, racontée par les différents personnages, alterne entre passé et présent dans la région du Guipuscoa, autour de Saint-Sébastien, centre explosif du nationalisme basque.

Source : Bulles d’encre

18:30-19:30 : Vernissage virtuel et atelier avec JKal (en ligne)

Visite guidée de l’exposition d’oeuvres de JKal par Ludivine Thouverez puis animation musicale en Salle des Actes avec Bernardo Soler Camara et Nolwenn Ganavat (en ligne).

Animation et modération : Ludivine Thouverez.

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1 Ne pas être surpris·e·s d’être redirigé·e·s ensuite sur la chaine YouTube de l’université